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Féminisme38

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12 juillet 2019

A propos des burkinis grenoblois !

Premiers maillots de bain

Le texte diffusé dernièrement par le Planning Familial  de Grenoble est tout à fait inopportun, notamment de la part d’un mouvement féminisme historique. En effet celui-ci a toujours défendu la libération des femmes du carcan patriarcal. Le Planning Familial de Grenoble se fourvoie car, le burkini n’est pas un maillot ni un vêtement comme les autres. Il a bien une signification, sous couvert de religion, de domination patriarcale alors que le bikini (on pourrait ajouter le minishort et la minijupe) est une mode tout à fait laïque, au grand damne des cathos quand même, plutôt au service du capitalisme qui a bien sûr utilisé la recette de l’instrumentalisation du corps des femmes mais dans un objectif purement mercantile. Ce qui est dommage, c’est que les femmes occidentales sont massivement tombées dans ce piège !

Mais ce n’est pas parce que notre société capitaliste a standardisé le corps des femmes et l’a prôné en objet  de séduction envers les hommes qu’il faut accepter qu’une religion qui tend à se refermer sur un communautarisme, enferme leur corps, de son côté.

Il faut bien voir dans cette affaire que les pouvoirs publics ont du mal à réagir de façon cohérente car, ce qui résulte de ces confrontations est l’explosion d’un choc culturel entre une société (la nôtre, libérée des carcans religieux), et d’une autre, ligotée par des courants fondamentalistes venus de pays étrangers. Ceci dit en passant, de pays où de plus en plus de femmes tentent de s’affranchir de toutes ces injonctions !

La France donc, a mis un siècle à évincer le fait religieux de son administration avec la loi de 1905. Loi qui a été suivie par le « Vatican II » (1965) qui a demandé aux hommes et femmes d’église de ne plus arborer de signes distinctifs sur la place publique. J’ai vu les soutanes et les cornettes disparaitre quand j’étais petite…

Notre passé colonialiste et notre culpabilité mal assumée nous a fait, en 1998, circonscrire l’interdiction du voile aux institutions publiques car cela semblait possible sans trop de heurts. Mais aujourd’hui, la question religieuse omniprésente dans les débats publics doit nous inciter à aller plus loin pour sauvegarder nos principes républicains de laïcité, donc de neutralité religieuse.

Si le burkini n’avait pas de connotation religieuse (donc patriarcale), ce serait qu’un vêtement comme les autres. En France, nous avons vu nos grand-mères ou arrières grand-mères laisser les premiers maillots de bains très couvrants pour des plus légers permettant vraiment de bouger en toute liberté… dans les années 1920…  Mais, à partir du moment où le burkini est justifié par le besoin de préserver la pudeur des femmes relevant d’une religion particulière, il est religieux. C’est aussi pour nous un archaïsme insupportable.

Le fait que les maires n’aient pas d’autres arguments à faire prévaloir dans les piscines publiques que la question de l’hygiène, montre en effet, comme le dit le maire de Grenoble, Eric Piole, les limites de la loi actuelle. C’est même pathétique !

Il faut aussi associer à ce thème la question des mères accompagnatrices scolaires qui revendiquent le port du voile pendant le temps scolaire. On peut effectivement se poser la question de l’image de soumission qu’elles renvoient aux jeunes élèves… Jusqu’où leur soit-disant « liberté de s’habiller comme elles veulent » ne vient pas contredire nos principes républicains ? Le voile comme le burkini n’est pas un vêtement anodin, il est également signifiant. Les deux sont des attributs religieux de soumission et non de liberté ! En tant que féministe, chaque fois que je croise une femme voilée, une mère « bâchée dans un Niqab, j’ai mal à mon sexe, mon genre, à mon identité de femme libre. Il faut aussi comprendre que pour faire société, il est indispensable que chacun respecte les codes de cette société et qui permettent d’être accepté par tous. Il faut admettre aussi que les us et coutumes qui ne sont pas de notre culture choquent, c’est bien naturel !

Je recommande le livre de Fathia AGAG-BOUDJAHLAT, « Combattre le voilement » aux éditions du Cerf, préfacé par Elisabeth Badinter, qui vient de sortir. Il est plein de ressources !

 

Brigitte Périllié

Ancienne Vice-présidente du département de l'Isère chargée des droits des femmes et de l'égalité FH 2001-2015)

Ancienne maire de Vif (2001-2008)

 

 

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5 juillet 2019

L’égalité femme-homme, pourtant inscrite dans notre Constitution, est menacée dans notre pays.

Malgré les lois votées depuis des décennies et entrées dans les pratiques et les mœurs de notre société, l’Association des femmes Elues de l’Isère constate que des tentatives de remises en cause se multiplient sous diverses formes, que nous dénonçons fermement.

A Grenoble et à Villeurbanne, l’intrusion dans les piscines municipales, de femmes voilées et affublées de tenues ultracouvrantes (burkinis), en dépit d’un règlement bien précis sur cette question, l’interdiction légale de signes religieux ostentatoires pour les accompagnateurs-trices de sorties scolaires, contestée par des mères voilées d’Echirolles en sont des preuves récentes. Mais aussi, la venue à Voiron, financée par la C.A.F., dans un centre social de la ville, d’un représentant du mouvement masculiniste pour parler de politique familiale en est une autre. Par ailleurs, on constate que des difficultés croissantes pour l’accès des femmes à l’IVG sont aussi récurrentes et/ou la controverse sans cesse alimentée sur le nombre soit disant trop grand de ces interventions, alors qu’elles n’ont pas augmenté depuis la mise en place de la loi de 1975 !

Nous savons bien que ces attaques se produisent partout en France et ont pour but de déstabiliser les principes et les lois de notre République, de les remettre en cause en ce qu’ils et elles ont contribué à permettre aux femmes de notre pays de s’affirmer en tant qu’égales aux hommes, en tant que citoyennes à part entière. Car, que ce soit l’exhibition de signes religieux qui n’incombent qu’aux femmes ou que ce soit des rapports sociaux de sexe qui ne peuvent se réaliser autrement que par la domination du masculin sur le féminin dans le couple, la famille et dans toute la société, nous savons bien que derrière tout cela, c’est la liberté des femmes de choisir leur vie, leur indépendance, leur liberté qui est en jeu.

Nous souhaitons alerter les pouvoirs publics, les élu-es locaux comme nationaux pour qu’ils exercent leurs responsabilités, à leur niveau, de gardiens de nos valeurs nationales.

Les faits constatés appellent à notre vigilance absolue. Dont acte !

30 novembre 2016

LETTRE OUVERTE AUX RESPONSABLES DES PARTIS POLITIQUES PAR L’ASSEMBLÉE DES FEMMES

 ELLE CONDAMNE LES AGRESSIONS MACHISTES CONTRE LA MINISTRE DE L’ENFANCE, DES FAMILLES ET DES DROITS DES FEMMES


Monsieur le Président,


Lundi 7 novembre à 16h34, partout dans notre pays, des femmes ont symboliquement arrêté de travailler pour rendre manifestes les inégalités de salaire entre les femmes et les hommes1. Elles entendaient montrer que c’était, par comparaison avec les salaires des hommes, comme si elles travaillaient sans être payées à partir de cette heure-là et jusqu’à la fin de l’année.

Mardi 8 novembre, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale, interrogée par Catherine Coutelle, Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes sur cette mobilisation largement reprise dans les médias, la Ministre Laurence Rossignol, est revenue sur la manifestation de colère légitime des femmes, en exposant la réalité de ces inégalités et leurs causes, ainsi que les objectifs poursuivis par le gouvernement et les mesures prises pour les réduire.

Son intervention, avant même la seconde phrase, a déclenché une bronca des députés de l’opposition – des hommes, plutôt âgés – que l’on voit sur les images filmées et que l’on entend vociférer, huer, insulter la Ministre, malgré les rappels à l’ordre du Président de l’Assemblée Nationale. Quelle image de haine machiste !
L’Assemblée des Femmes tient à exprimer son indignation et sa ferme condamnation de ces comportements inacceptables. Au travers de cette manifestation violente contre la Ministre, ce sont toutes les femmes, et en particulier les femmes salariées qui sont insultées. Il est très inquiétant que dans notre pays, aujourd’hui encore, des élus professent ce mépris du travail et des salaires des femmes.

L’Assemblée des Femmes milite depuis 1992 pour que les femmes prennent leur place dans la vie politique et dans la société à égalité avec les hommes ; par ses mobilisations elle a préparé, soutenu, accompagné et promu les avancées législatives de la parité et de l’égalité. Elle condamne aujourd’hui avec indignation ce type de manifestations.

1 Cf. Observatoire des inégalités, inegalites.fr, De 19 à 23,15% selon le mode de calcul choisi, en leur défaveur. Thomas Piketty, in Piketty.blog.lemonde.fr du 7.11.16 : de 64% à partir de 65 ans.
En 1999, il y a 17 ans, lors de la réforme qui a introduit la notion de parité dans notre constitution, des voix masculines s’élevaient pour dénier aux femmes toute compétence politique. Où était-elle, justement, lors de cette séance du 8 novembre 2016, la compétence?

Ces comportements grossiers, machistes, antidémocrates sont le fait d’élus ignares ou irrespectueux du principe de l’égalité des femmes et des hommes inscrit dans notre constitution, ainsi que dans les textes internationaux que la France a ratifiés. Ces élus se montrent indignes du mandat qui leur a été confié par leurs électrices et électeurs.
Il ne s’agit pas là d’un cas isolé : dans d’autres assemblées, en France, les mêmes agressions misogynes et machistes, tous partis politiques confondus, sont rapportées contre telle vice-présidente de Région2, telle élue de Département ou de Municipalité. Comment prétendre, avec de pareils exemples, éduquer à l’égalité les jeunes- filles et garçons - ainsi que le préconise la loi ?

Ce type de comportement collectif, humiliant pour les femmes, est aussi dégradant pour leurs auteurs. Il participe en outre du continuum des violences, et rejoint comme le harcèlement sexiste, le lourd tribut des violences faites aux femmes qui constituent l’un des fléaux de la société française aujourd’hui.

A la veille des manifestations du 25 novembre, Journée Internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, nous appelons toutes et tous à y réfléchir.

Considérant que des agressions aussi graves ne peuvent en rester là, l’Assemblée des Femmes demande en outre que les groupes politiques concernés – dont beaucoup se sont offusqués par ailleurs des dérives de la campagne présidentielle américaine – prennent leurs responsabilités au regard de nos institutions, et aient le courage de présenter leurs excuses à la Ministre et, à travers elle, aux femmes actives et militantes qui ont été bafouées par ces comportements machistes de goujats indignes de siéger dans l’hémicycle le plus prestigieux de notre pays, indignes de participer à l’écriture de nos lois.

Elle demande que l’investiture ne soit pas accordée pour les prochaines échéances législatives à ces tenants d’un populisme machiste, et au-delà, invite les citoyen.ne.s et les associations à exercer leur vigilance sur ce point.
L’Assemblée des Femmes apporte enfin son soutien plein et entier à la Ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des Femmes, elle salue sa parole féministe, libre, sincère et constructive, le courage et la dignité dont elle a fait preuve en cette circonstance. Elle l’assure de sa solidarité dans cette épreuve.

Veuillez croire, Monsieur le Président à l’assurance de notre sincère considération.

Paris, le 13 Novembre 2016
Geneviève COURAUD, Présidente,

29 novembre 2016

Une charte européenne pour une égalité réelle, pourquoi ?

image Charte européenne2

Faisant des recherches dans différentes revues locales, je suis tombée sur l’expression libre des groupes politiques du Conseil métropolitain Grenoble-Alpes Métropole été 2016. Il y a un mot-clé chez moi qui accroche mes yeux et qui m’oblige toujours à lire l’ensemble du texte c’est, Egalité.

Il s’agit là du billet écrit par Mireille d’Ornano, présidente du groupe FN de la METRO, conseillère municipale à Grenoble et accessoirement députée européenne. Elle s’exprimait en la réprouvant sur la Charte Européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale.  La Metro a adhéré à cette charte en 2007, à mon initiative,  alors que j’étais la vice-présidente chargée de cette thématique.

J’avoue que lire ce mot sur cette page m’a plutôt intriguée. Très vite, en découvrant ses propos, les bras m’en tombaient !

Pourtant je n’aurais pas dû être surprise que cette charte n’emporte pas son adhésion. Nous connaissons les thèses du FN envers l’idée du genre et la controverse dont elle a fait l’objet ces années passées. Mais enfin, Mme d’Ornano commence son propos en s’étonnant que la charte pose comme principe que l’égalité des droits entre les femmes et les hommes demande une obligation de résultats !

A quoi servirait-il donc d’inscrire, pour toutes les citoyennes et les citoyens, un principe d’égalité si l’effectivité de celle-ci n’a pas à être garantie ?

Elle dénonce ainsi un certain déni de différence entre les femmes et les hommes. A ma connaissance, personne n’a nié que biologiquement les femmes sont différentes des hommes et vice-versa. Est-ce que pour autant cette différence qui est seulement hormonale et chromosomique doit induire des inégalités dans la société ?

Elle affirme aussi que la charte ne veut  plus de la complémentarité entre les sexes ; mais de quelle complémentarité parle-t-elle ? Celles des sexes biologiques ? Pourtant, nous nous réjouissons bien souvent que cette différence-là et cette complémentarité-là nous permet de nouer des relations qui nous font passer de très bons moments dont l’intérêt et qu’elles engendrent nos progénitures. Alors, est-ce la différence des rôles sociaux ? C’est ce que démontre l’analyse genrée tant décriée par certains et pourtant si évidente. La différence des rôles sociaux est un héritage culturel dans nos sociétés, construit sur la maternité des femmes et la liberté des hommes. Laquelle a entrainé les femmes dans la soumission, les hommes voulant maitriser leur descendance et la destination leur patrimoine.  

C’est donc bien une affaire matérielle et non pas biologique qui a maintenu pendant des siècles les femmes dans la passivité et la soi-disant faiblesse physique. Nous savons aujourd’hui que si les sexes sont différents, les cerveaux sont identiques. La robustesse des corps ou les capacités intellectuelles sont le résultat des fonctions exercées par les individus et non pas par leur sexe biologique. Les femmes ont d’ailleurs bien démontré dans l’histoire leur robustesse par leur travail accompli malgré les maternités répétées. Par contre, elles n’ont pas été autorisées (par les hommes) à exercer et publier des travaux pendant des siècles. Actuellement elles vivent plus longtemps que les hommes et ont investi tous les corps professionnels ou presque.

Par la soumission, les femmes n’ont pas pu pendant des siècles gérer librement leur propre vie et c’est ce qu’elles ne peuvent plus tolérer aujourd’hui. Peu importe qui s’occupe des enfants, de la famille, du ménage… L’essentiel est la réalisation de chacune et de chacun dans le libre choix de sa vie, quel que soit son sexe. Ce que dit la charte européenne comme ce que disent les mouvements féministes, c’est que les droits qui régissent nos démocraties doivent être appliqués. Pour cela, car cela ne va pas de soi, il faut mettre en place des actions spécifiques capables de surmonter les habitudes, les préjugés, les clichés à l’égard des femmes comme des hommes et qui entravent leur liberté.

Au-delà de cette égalité des droits, c’est aussi un enjeu économique et social important car les femmes sont légèrement majoritaires dans l’espèce humaine, elles sont massivement majoritaires dans les bas salaires et les aides sociales. Elles sont largement les victimes des violences conjugales et familiales et des viols. Elles sont majoritaires dans la très grande pauvreté. Dans leurs immenses difficultés elles entrainent injustement leurs enfants, car elles sont de plus en plus souvent seules pour les élever… C’est donc une œuvre humanitaire tout autant qu’économique que d’agir de façon volontaire pour que les femmes et les hommes soient effectivement égaux dans la vie locale comme ils doivent être égaux au sein de la République Française et en Europe. C’est le but poursuivi par la Charte Européenne en proposant aux collectivités locales un cadre d’action dans lequel elles peuvent puiser des idées et construire leur politique d’égalité. Enfin, l’égalité femme-homme n’a pas de champ d’action restrictive, elle doit s’appliquer dans tous les champs de l’action publique à l’image de l’environnement. C’est d’ailleurs un axe intégré à la notion de développement durable.

J’espère que l’exemple de la METRO fera des émules parmi les autres collectivités et intercommunalités de l’Isère mais aussi en France. Depuis 2007, elle reste la seule intercommunalité à avoir signé cette charte dans notre département.

 

Brigitte Périllié

Ancienne Vice-présidente à Grenoble-Alpes Métropôle de 2004 à 2008

Ancienne Vice-présidente au Conseil départemental de l'Isère de 2001-2015

Ancienne Maire de Vif 2001-2008

Conseillère municipale de Vif

LOGO Charte européenne1

 

23 septembre 2016

« Ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on est présupposée faible »

50-50

 dixit Frédérique Puissat, Vice-présidente au Conseil départemental de l’Isère, chargée de l’enfance en difficulté et de la famille. Cette réflexion est rapportée par le Dauphiné libéré du 20 septembre 2016 à propos du dépôt de bilan du Centre d’information départemental des femmes et de la famille CIDFF de l’Isère. A la mi-septembre 2016, l’association centrée sur l’insertion des femmes en difficulté, leur accès aux droits (sociaux) et à l’emploi, n’avait toujours pas eu d’information sur les subventions attendues de la part du département (60 000 €, précédemment) et, connaissait la baisse de 80 % de la subvention de la Région, financeuse des actions sur la formation. Ceux et celles qui suivent le CIDFF depuis longtemps connaissent la fragilité de ses finances alors qu’elle doit faire face à des obligations d’employeur et l’importance de la financer dès le début de l’année et non sur le dernier trimestre.

Ce n’est pas parce que l’on est une femme que l’on est supposée faible, quoique, notre histoire, ses préjugés, ses manquements, ses silences sur les femmes nous le prouvent à chaque détour de ses récits.

« On  ne nait pas femme, on le devient » a pourtant écrit Simone de Beauvoir en 1949, c’est toujours vrai. Cela voulait dire que ce n’est pas le sexe biologique qui forcément entraine des faiblesses et des limites mais bien la société et l’éducation qu’elle dispense.

Les stéréotypes véhiculés par tous et toutes depuis la nuit des temps (cela ne s’est pas arrangé en ce début du 21ème siècle) entraine du sexisme, c’est-à-dire l’exercice d’une domination d’un sexe vers l’autre ; en l’occurrence, des hommes vers les femmes. Ce sexisme, engendre des préjugés qui cantonnent les femmes dans certaines sphères par exemple de la famille, du travail avec des emplois mal rémunérés parce que dérivés des soins à la famille ou à l’éducation des enfants (lieu naturel des femmes…) et en résulte des inégalités et de l’exclusion. Si toutes les femmes ne sont pas touchées par cette réalité, beaucoup le sont et peinent à vivre décemment, en toute liberté, dans notre société.

L’actualité, les faits, les statistiques nous décrivent pas une faiblesse présupposée, mais de réelles discriminations faites aux femmes, dans l’emploi (pour cause de grossesses). Dans la politique (les lois sur la parité contribuent à améliorer les choses mais les mairesses sont 17%, les députées 27%, les sénatrices 25%). Pourtant, nombre de femmes gravitant dans d’autres sphères, par exemple la création d’entreprise, nous envient de nos résultats.

Le combat pour l’égalité n’est donc pas fini.

Dans l’emploi, les femmes gagnent 27% en moyenne de moins que les hommes…. Même dans le sport, les femmes n’ont pas toute leur place, comme elles le mériteraient. L’excellent livre de la sociologue Béatrice Barbuss, à paraitre le 13 octobre prochain, « Du sexisme dans le sport » en fait l’analyse. La liste des manquements est longue et aucun secteur de la vie socio-économique n’est absout de ce lourd constat. Les conséquences sont plus graves qu’on ne le pense car les femmes forment le gros du peloton des plus précaires notamment quand elles sont seules pour élever leurs enfants parce qu’elles elles sont les plus mal payées de tous les salariés…

Alors, que voulons-nous au juste ?

Une société toujours plus inégalitaires parce qu’incapable de générer une justice sociale, ou une société qui s’organise pour réparer ce qu’un pan d’elle-même détruit, déforme, abime naturellement. C’est effectivement un projet de société qui est derrière le soutien à une association comme le CIDFF. Ses actions étaient une part de ce qui doit être pour progresser et pour que les valeurs inscrites sur les frontons de toutes les mairies et autres bâtiments publics, soient une réalité. La liberté, l’égalité et la fraternité ne se proclament pas. Elles se construisent dans un engament réel de toutes les citoyennes et tous les citoyens, à chaque niveau de responsabilité. Le département, comme la Région ont un devoir de solidarité, c’est-à-dire de fraternité et d’égalité réelle. La liberté est aussi de laisser les associations agir dans leurs objectifs énoncés avec leur propre stratégie. Cela s’appelle la démocratie.

 

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27 août 2016

Du Burkini aux droits des femmes et aux valeurs républicaines

Féministe assumée depuis toujours, je me réjouis que le Conseil d’Etat ait suspendu l’arrêté de Villeneuve-Loubet sur le port du Burkini à la plage. En effet, autant je réprouve que tant de femmes musulmanes se laissent aller vers le port du voile, même simple Hijab ; autant je pense que nous ne pouvons pas, dans un pays dont les valeurs républicaines reposent sur la liberté, l’égalité et la fraternité,  accepter que de simples arrêtés municipaux viennent entraver la liberté de certaines et certains sur le simple constat que leur tenue est pas conforme à la pratique dominante en France.

Car en France, la Liberté est de conscience, elle est aussi celle de circuler et d’agir.  L’égalité se respecte devant les lois de la République et par le comportement de chacun et chacune. La fraternité veut dire tolérance, bienveillance et solidarité envers l’autre. Ces valeurs là nous les invoquons à tout moment sans savoir réellement les appliquer et sur bien des sujets !

En l’occurrence pour ce qui nous occupe à ce jour de quoi s’agit-il ?

Une provocation religieuse, quelques femmes qui ne veulent pas se dénuder à la plage ?

Et, que faisons-nous avec celles et ceux qui ne se couvrent plus ou presque, sur des plages publiques ? Ne choquent-elles – ils pas, ceux qui veulent garder une part secrète de l’anatomie humaine ? Alors, pourquoi tant de haine ?

Si l’on revient sur l’évènement de Sisco,  n’est-ce pas la violence manifestée par des hommes qui se croient, pour les uns, les gardiens de la moralité et pour les autres des valeurs occidentales qui est à réprouver et à combattre ? Chacun d’entre eux n’ont-ils pas fait preuve d’intolérance et d’une violence inouie ?

Face à ce contexte, il me semble que ce qui est à combattre, ce n’est pas celles qui sont soumises à cet ordre islamique, donc pas les femmes en tant que telles, mais ceux qui propagent ces idées totalitaires et rétrogrades. Mais aussi tous ceux qui n’ont d’autre réponse à l’intolérance que la violence.

Que provoquent donc les attributs, préceptes et comportements islamiques dans notre pays ?

Un choc sociétal dans la différence de traitement entre les femmes et les hommes, un choc historique de régression évidente des droits des femmes,  un choc culturel entre deux mondes qui ont évolué sous des principes issus des religions qui de tout temps se sont opposés.

Pour nous, les occidentales, féministes ou pas, qui avons bénéficié de toutes les luttes pour les droits des femmes durant le 20ème siècle, face à un ordre religieux chrétien, catholique aussi implacable que l’Islam aujourd’hui, ces régressions sont bien évidemment insupportables. Elles nous provoquent un malaise profond car elles semblent revendiquées et assumées par bon nombre de celles qui les exhibent. Mais n’en était-il pas autant de la part de beaucoup de femmes au 19ème et au début du 20ème siècle ?  Le choc est donc bien historique.

Ce que suivent islamistes comme préceptes, revendiqués comme immuables, relève de leur identité et de leur culture orientale. Celle-ci se frotte à la nôtre, occidentale, différente, toujours en évolution, construite dans le temps avec beaucoup de soubresauts et assumée comme notre identité. Nos modes de vie et de consommation, vestimentaires comme alimentaires, sont contradictoires à bien des égards. C’est le choc culturel.

 

Ces deux réunis forment le choc sociétal fondamental auquel nous sommes confrontés et qu’ils faudra bien surmonter. Il est évident que les deux parties en jeux doivent y prendre leur part.

Et, ce n’est certainement pas en brandissant l’étendard des droits des femmes par ceux qui n’ont jamais rien entrepris pour les faire progresser que notre crédibilité sera reconnue.

Ce n’est pas non plus par le silence de ceux qui bien que musulmans ne veulent pas voir le fondamentalisme gagner.

Si l’on veut que la liberté, l’égalité et la fraternité (mais aussi la sororité) perdurent en France et aussi en Occident, il faudra garder raison pour construire un bien commun culturel et social dans lequel nous pourrons toutes et tous nous reconnaitre. A chacun et chacune donc d’affirmer nos valeurs républicaines et aussi de les appliquer réellement à la place où elle ou il est.

Aujourd’hui, que font ceux qui ont signé ces arrêtés pour garantir l’égal accès aux droits de leurs concitoyennes et concitoyens sur leur territoire ? Que font-ils pour les droits des femmes ?

Que font tous les élus en charge des régions, départements, villes et villages pour que le sentiment d’abandon et de peur de déclassement social ne se propage plus ? Que font-ils pour que l’égalité femme-homme soit reconnue comme une politique publique fondamentale ?

Que font-ils pour améliorer le niveau éducatif dans nos écoles, collèges et lycées, mais aussi dans les centres de loisirs, les bibliothèques et les centres culturels pour que la connaissance progresse ?

Quelle prévention mettent-ils en place pour que la tolérance, le respect et la bienveillance envers l’autre soient les piliers de nos comportements ?

A chacun de faire le point sur son action propre et à évaluer ses responsabilités individuelles et collectives.

 

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26 août 2016

De Voltaire aux islamistes il n'y a qu'un petit pas...

Emile de Jean-Jacques Rousseau : ou la femme idéale selon Voltaire et certains extrémistes aujourd'hui  !

Extrait pris dans le livre de Michel Onfray "La Force du sexe faible, contre-histoire de la révolution française" -  chez Autrement, 2016

Les femmes sont des grands enfants ;

 l’homme est actif, la femme passive et faible ;

elle est faite spécialement pour plaire à l’homme car toute petite déjà, c’est la parure qui l’intéresse ;

la femme est douce, patiente, affectueuse, sédentaire ;

 elle doit-être fidèle ;

 l’égalité entre les sexes est une idée stupide ;

elle doit être jolie, pas bête et disposer d’un savoir qui convient à son sexe, de sorte que toute son éducation doit-être relative aux hommes ;

elle aurait plus de mal à vivre sans lui que lui sans elle : l’éducation doit développer la force chez le garçon et l’agrément chez les filles ;

son goût pour la poupée prouve qu’elle est prédestinée à la maternité ;

il faut lui imposer à avoir du soin, à être vigilante, laborieuse, gênée de bonne heure ;

la dépendance est l’un de ses traits particuliers ;

elle doit obéir à l’homme et apprendre à souffrir ;

 elle n’a pour elle que son art et sa beauté ;

elle ne cherche que l’effet produit au contraire des hommes qui visent l’utilité ;

elle doit avoir la religion de sa mère quand elle est enfant et celle de son mari quand elle est adulte ;

elle est soit bigote, soit libertine ;

elle est faible et fragile mais fait faire ce qu’elle veut à son époux ;

elle doit exceller dans les tâches domestiques, cuisine, vaisselle, ménage, mais aussi dans celles de la  mère, propreté, allaitement ;

il lui faut « un bon naturel dans une âme commune » , car rien n’est plus ridicule qu’une femme lettrée .

Les Islamistes ont-ils oublié quelque chose ?

Non, ils ont juste rajouté l’obligation pour les femmes de se voiler !

25 août 2016

Vie de femme vécue dans la liberté

Miche Onfray dans "La Force du sexe faible, contre-histoire de la révolution française" -  chez Autrement, 2016

A propos des Girondines : « Leur féminisme n’est pas l’inversion du machisme comme souvent, à savoir, le retournement de la violence des hommes contre les femmes en violence des femmes contre les hommes, mais la vie féministe.  A rebours du discours féministe qui cache souvent les maux des femmes sous des jeux de mots à propos des femmes, ce féminisme est « vie de femme vécue dans la liberté »

Telle est également ma devise, 

ce site sera consacré à la développer...

 

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Simone de Beauvoir

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A mettre dans toutes mains et entre les oreilles... Surtout pour celles et ceux qui doutent des discriminations faites aux filles et aux femmes, en France, y compris dans les milieux bourgeois dits éclairés comme à travers le monde. Merci à Nathalie Loiseau qui analyse de façon simple et précise la situation de ces femmes. Je la verrai bien en mesure de gérer la crise identitaire actuelle face à l'Islam. En tout cas, beaucoup mieux que ne le font nos élus de tous bords dans la précipitation, les préjugés et les lieux communs, sans aucune réflexion approfondie du phénomène. Et, après la direction de l'ENA, pourquoi pas Présidente de la République Française  ?

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Un livre qui revient sur les silences de l'Histoire envers les femmes notamment sur des figures de la Révolution Française qui ont péri sous l'échafaud pour leurs idées pacifistes et humanistes... A lire et à méditer

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